Ce blog s’adresse à ceux et celles qui, occupant ou prévoyant d’occuper un poste à responsabilités sociale, politique, culturelle ou économique, ont compris que la recherche de solutions d’avenir efficaces et équitables ne peut plus reposer sur les seules voies qui leur sont proposées. Ayant assez de courage, de motivation, de force de caractère et de souplesse intellectuelle, ils pourront emprunter les chemins de traverse les menant à l’acquisition d’une véritable conscience globale, seule condition de la maîtrise de notre futur.

jeudi 8 mars 2018

A propos des deux humanités : l'homme extérieur



Introduction à l’étude de la Science sacrée (3)

Les articles de ce blog ont principalement pour objet de répondre aux attentes des chrétiens, principalement catholiques qui, engagés à divers titres dans des responsabilités associatives, spirituelles, sociales ou politiques, s’aperçoivent plus ou moins consciemment, que leurs actions, leurs efforts, ne portent aucun fruit, car se déployant dans les limites d’un monde balisé de tous côtés, et qui a surtout tout prévu pour bâillonner les vrais talents. Nous leur proposons donc, non seulement d’approfondir la Doctrine, mais aussi d’autres pistes à suivre, d’autres matières pour alimenter leur réflexion et, pourquoi pas, l’opportunité d’aller plus loin s’ils sont assez motivés. Quoi qu’il en soit, les solutions qui doivent être appliquées pour résoudre les problèmes que nos sociétés connaissent actuellement, ne peuvent plus se trouver qu’auprès de domaines qui ont toujours su se tenir en-dehors des bruits du monde, disons à côté, ou au-dessus, leur permettant non seulement d’analyser la marche de celui-ci, mais, également, d’y intervenir autant qu’il est possible lorsqu’il y a urgence.

Précisions quant aux notions d’homme du 6ème et du 8ème jour

Nous avons, dans nos articles précédents, fait état des notions d’homme extérieur et intérieur, souvent associées à l’homme du 6ème jour pour le premier, et l’homme du 8ème jour pour le second. Toujours dans le même registre, S. Paul appelait les premiers, l’homme animal ou les enfants du siècle, et les fils ou enfants de Dieu pour les seconds. Aussi séduisant que soit l’éclairage qu’apporte Boris Mouravieff sur cette question qui est traitée dans les trois volumes de Gnôsis, nous n’arrivons pas, de notre côté, à une interprétation identique des premiers versets de la Genèse ; par contre, nos propres recherches semblent nous permettre de retracer la trame tant psychologique qu’anthropologique qui, d’une certaine manière, viendrait, en quelque sorte, mais d’une manière différente, renforcer la thèse selon laquelle il existerait bien deux humanités qui peuplent la Terre. Donc, laissons pour le moment de côté ces notions d’hommes du 6ème et du 8ème jour sur lesquelles nous ne manquerons pas de revenir avec de nouvelles perspectives tant le sujet est de la première importance. Pour le moment, nous croyons plus sage de nous consacrer à une approche de ce que la Tradition désigne par le vocable d’homme extérieur, par opposition à l’homme intérieur spirituellement engagé.

Qu’est-ce qu’un homme extérieur selon la Tradition ?

Commençons donc par l’homme dit extérieur. Nous avons pour objectif de le situer schématiquement de façon claire par rapport à l’homme intérieur ; dans ce but, nous demandons au lecteur de visualiser la position qu’il occupe sur un point situé sur la circonférence d’un cercle tel qu’il est représenté sur la figure en tête de l’article. Sur le pourtour de celui-ci se positionnent donc des hommes, des femmes, mais également des institutions, des entreprises petites ou grandes, des laboratoires de recherche, des écoles, des universités, des associations, des partis politiques, des courants philosophiques, des sociétés plus ou moins discrètes, qui ont pour point commun de ne pas reconnaître l’existence de plans d’une nature différente du plan matériel des choses sensibles dans lequel ils évoluent. Ainsi, le monde de la spiritualité et ses diverses catégories, parce que non mesurable ni quantifiable, leur semble une folie, un défi éventuel posé à l’univers exclusivement centré autour de l’homme, un danger sournois qui viendrait grignoter une petite part, ou une grande, de l’auréole fixée sur la tête des sciences positives, qui s’exercent essentiellement dans les limites de la raison et du champ de l’intellectualisme. Ce monde inconnu, angoissant par certains côtés, se doit d’abord d’être nié et, si cela ne suffit pas, d’être combattu.

Une population mondiale composée d’une très forte proportion d’hommes extérieurs

 L’homme extérieur est généralement satisfait de son sort, aspirant, selon ses moyens, à accéder au confort d’une vie bourgeoise centrée autour de quelques éléments de morale dispensés en continu par les médias, les divers organes du pouvoir, et autres officines chargées de contrôler l’état de l’opinion publique, et de l’ensemencer au besoin d’idées directrices qu’il convient d’adopter coûte que coûte sous peine de déchéance sociale. Sa religiosité, si elle existe, tient surtout aux traditions familiales et se contente d’un « prêt à prier » sans pénitence, fourni gracieusement par des églises dont le discours « religieux » a ceci de curieux qu’il épouse une voie parallèle à celle du politiquement correct. L’homme extérieur ne s’encombre pas de profondes considérations sur le monde et son fonctionnement ; c’est avant tout un jouisseur, et si, par bonheur, il bénéficie d’une aisance matérielle, se laisse parfois entraîner aux plaisirs divers que lui offre la vie et même au-delà : amis, voyages, jeux, femmes, pratiques sexuelles déviantes, drogue, etc. En un mot, quand cela lui est possible, et surtout pour les plus jeunes, il n’hésite pas à « s’éclater », pour reprendre une expression triviale mais qui traduit clairement ces penchants. En affaires, si la plupart les conduisent en bon père de famille, un certain nombre d’entre eux, cependant, savent jusqu’où ne pas aller trop loin, et s’arrêtent juste à la limite au-delà de laquelle leur activité pourrait devenir punissable... D’autres la dépassent… L’homme extérieur épouse sans contrainte l’image que la société lui vend par tous les moyens et ne se pose pas de questions, surtout de celles qui dérangent. Dans les dîners en ville, il a parfaitement intégré certains codes lui permettant d’éviter soigneusement les conversations sur des sujets qui dérangent, comme aborder celui de l’existence de Dieu ou de parler de l’inéluctabilité de la mort, qui, généralement, entraînent de lourds silences, chacun fixant alors le contenu de son assiette… Toujours en relation avec les codes qu’il tient à respecter, l’homme extérieur s’attache méticuleusement à posséder ce qu’il convient d’avoir en regard avec sa position sociale : maisons, voitures, résidences secondaires, vêtements à la dernière mode ; c’est donc un très bon consommateur qui, à la limite, et pour continuer à soigner son image, reste toujours prêt à succomber aux sirènes des offres faites par les banques et les divers organismes de crédit. Au niveau culturel, l’homme extérieur est généralement un fervent téléspectateur et cherche peu à approfondir et contrôler les informations quotidiennes fournies par les principales chaînes. Certains sont cinéphiles, d’autres visitent les galeries d’art, surtout moderne et non figuratif, comme ils lisent aussi les derniers romans primés, obéissant chaque fois à des injonctions subliminales qui les ont convaincus que certaines œuvres sont incontournables, et que la télévision, le cinéma, l’art et le roman contemporains restent les marqueurs exclusifs de la culture qu’il faut posséder coûte que coûte. D’un autre côté, l’homme extérieur aime les sports, qu’ils soient individuels ou collectifs, le dépassement physique de soi, l’action à tout prix pour entretenir sa forme physique. Les sports de masse lui permettent en outre de partager d’intenses moments de « communion » avec ses semblables. Riche ou pauvre, l’homme extérieur a le souci permanent des convenances sociales ; le mariage lui permet d’assurer sa descendance, de transmettre ses « valeurs », et de remplir comme il se doit le contrat non écrit qui le lie à la Loi Générale sous la surveillance sourcilleuse de laquelle s’écoule toute son existence. Donc, pour reprendre l’illustration du cercle et des rayons qui le relient à son centre, l’homme extérieur et les institutions qui le représentent se trouvent positionnés sur toute sa circonférence.

Quelques rappels indispensables

Après cette description manquant peut-être de nuances, nous invitons le lecteur à ne pas en conclure que nous avions l’intention de marquer ainsi une différence avec l’homme intérieur, différence qui serait au désavantage de l’homme extérieur. Rappelons, afin que ce soit bien clair, que l’inutilité, si elle existe bien au niveau du contenu de certaines existences individuelles, n’existe pas dans le plan de la création, si bien que la présence sur Terre de l’homme extérieur découle d’une nécessité cosmique dont nous serions mal avisés de douter. Pour terminer cet exposé, il est bon de rappeler que les sociétés dans lesquelles nous vivons sont confrontées à deux types d’influences : celles qui conviennent parfaitement à la Loi générale qui a en charge la gestion de ce plan matériel et sensible, influences que Boris Mouravieff nomme les « influences A », et les autres, qu’il nomme « influences B ». Les premières émanent d’un foyer de forces qui ont tout intérêt à perpétuer les illusions et mirages qui sont le lot quotidien de l’homme extérieur. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Tradition affirme que celui-ci vit sous le régime de la loi du hasard et de l’accident. En réalité, tout est agencé de manière à ce que l’homme extérieur ne puisse jamais se rendre compte du rôle réel qu’on lui fait jouer dans la création. Les influences B, par contre, émanent d’un domaine spirituellement élevé, pour tout dire divin, représenté par le centre du cercle, et que l’auteur de Gnôsis appelle le moi réel, l’âme, à ne pas confondre avec le moi de la personnalité stationné sur le plan psychique. Si quelqu’un est sensible à ces influences, et s’il écoute et met en pratique comme l’homme intérieur les recommandations qu’il reçoit, cet homme ou cette femme sera de moins en moins soumis à cette loi du hasard et de l’accident, pour se placer progressivement sous la protection du régime de la loi d’exception. On aura donc compris que l’homme extérieur, contrairement à l’homme intérieur, n’est pas sensible aux influences B, et que si parfois il « entend quelque chose », il n’est pas question pour lui d’en tenir compte. Il est toutefois bon de rappeler à nos lecteurs que l’homme intérieur, tout comme l’homme extérieur, commence son existence sur la circonférence du cercle et que par un effet de la volonté divine qu’il ne nous appartient pas de comprendre, et sous l’effet de la Grâce, cet homme intérieur qui s’ignore encore, va se révéler progressivement à lui-même, dès son adolescence pour certains, ou plus tard dans la vie et même, le plus souvent, au soir de celle-ci. Cette précision de la plus haute importance, vise à donner à ceux qui nous suivent, un aspect plus saisissable de l’impératif de charité chrétienne et de pardon ; en effet, tous les hommes provenant du même vivier représenté par la circonférence du cercle, chacun d’eux ignore si l’autre est ou pas un enfant de Dieu en puissance qui se révélera à un moment de sa vie. Il faut donc que ce soit bien clair : à part pour les Justes dont nous parlerons plus tard, le début, et une partie de la vie de l’homme intérieur, sont en tous points identiques à celle décrite plus haut pour ce qui concerne les enfants du siècle, soumise à autant d’illusions, sensible aux charmes des mêmes mirages et, bien entendu, marquée par le péché et la faute.
(A suivre)

mercredi 28 février 2018

Editorial n° 6 : nette aggravation de la situation internationale



Nous remercions très sincèrement nos lecteurs d’avoir fait preuve de patience durant l’interruption qui a affecté le blog durant quelques semaines. Il se trouve qu’une aggravation soudaine des tensions géopolitiques, auxquelles s’est ajoutée ces jours-ci une nette détérioration de la situation économique des pays occidentaux liée à l’accumulation des dettes, font qu’il nous semble de notre devoir d’informer nos lecteurs sur les dangers qui pèsent sur leurs têtes, et qui sont fortement susceptibles d’affecter gravement leur quotidien, sinon à court terme, mais presque certainement à moyen terme. Nous consacrerons donc désormais, du moins tant que cela sera nécessaire, une partie de notre travail à informer ceux qui lisent ce blog sur la réalité des événements qui sont en cours et qui, visiblement, ne font la une d’aucun média important, tant dans la presse écrite que télévisuelle. Nos lecteurs doivent être persuadés que nous ne recherchons pas à substituer aux grands courants d’informations, d’autres informations dont ils n’ont que faire, mais que, devant l’extrême fragilité de la situation internationale, nous sentons devoir leur expliquer les mécanismes qui en sont la cause et, par la même, leur faire connaître les parades auxquelles ils peuvent avoir recours, non seulement dans la protection de leur patrimoine quel qu’il soit, mais, aussi, tout simplement, de leur vie si un quelconque dérapage devait se produire.

Il va sans dire que nous ne cesserons pas pour autant d’écrire des textes sur la spiritualité chrétienne et sur sa Gnose, et que nous avons toujours pour objectif de poursuivre la rédaction de notre suite d’articles, mais ce travail sera simplement un peu ralenti, au bénéfice d’un examen attentif de la situation mondiale découlant d’un refus obstiné de reconnaître l’existence d’autres plans qui, s’ils ne sont pas visibles à nos yeux d’hommes mortels, n’en existent pas moins et continuent d’agir.

Ce blog s’apprête donc à prendre une orientation nouvelle, tout au moins pour un temps, marquée par le souci de préserver notre quotidien sur tous les plans, en conformité avec l’impératif de faire bénéficier chacun le plus longtemps possible de l’intervention de l’Esprit Saint et de la Grâce.

dimanche 14 janvier 2018

Aperçus sur les univers parallèles et la maîtrise du temps et de l'espace




Cet article a pour but de mieux faire comprendre au lecteur ce qu’est réellement la Connaissance mystérieuse et cachée dont nous parle St-Paul dans I Corinthiens, II (6-8) à savoir, une science des lois naturelles et cosmiques qui s’applique à chaque homme, qu’il en ait conscience ou pas, l’homme y étant désigné comme microcosme, image réduite du macrocosme, l’univers.

Bien qu’il s’agisse d’enseignements contenus dans les textes sacrés et les évangiles, cette science n’a que peu de rapports avec la pratique religieuse chrétienne catholique et sa catéchèse qui relèvent de l’exotérisme ; ni peu de rapports non plus avec la théologie dogmatique et l’exégèse qui ne dépassent jamais la frontière séparant la spéculation intellectuelle, du monde de l’intellect pur propre à la conscience globale. La Gnose du Christ, dépassant nettement le domaine de la raison grâce à son interaction permanente avec le centre intellectuel supérieur, peut se situer dans l’univers de la métaphysique et de la théologie mystique telle que celle-ci est définie par l’Orthodoxie chrétienne orientale. Elle partage, avec d’autres traditions relevant de la Tradition primordiale, un tronc commun, où elle occupe une position éminente, due principalement à la parfaite œcuménicité du Christianisme. Afin de mieux illustrer nos propos, nous essaierons, lorsque cela sera possible, d’insérer dans nos développements, des argumentations théologiques, métaphysiques ou psychanalytiques destinées à faire ressortir l’unité qui se cache derrière chacune de ces disciplines. Le cheminement intellectuel se fera parallèlement à la suite des articles intitulés « Pour une métaphysique du Saint-Esprit », d’un abord plus aride, et qui se traduit par un temps d’assimilation plus long. Il se trouve que les contingences dans lesquelles nous nous trouvons actuellement réclament que soit cernés plus rapidement le positionnement de la Gnose, ainsi que les aspects les plus importants de la Doctrine concernant l’évolution spirituelle de l’homme et de la femme européens, dans la perspective d’augmenter significativement leurs capacités de défense dans un environnement qui, non seulement leur est hostile, mais dont l’objectif vise, ni plus ni moins, leur disparition totale. Ce sera également l’occasion de constater l’abîme qui sépare ces lois naturelles de l’ensemble des « croyances » auxquelles la société moderne croit pouvoir légitimement prétendre.

L’Homme se trouve, et sera toujours sur le chemin de la déification, qu’il le veuille ou non


L’homme, en tant qu’être sensible, donc ayant une âme en plus du moi de sa personnalité, poursuit une course qui, à travers de multiples champs d’expériences, le mène inéluctablement à l’état de déification, état dans lequel son retour et sa fusion en Dieu s’accomplissent. La lecture de cet article sera donc inutile si, au départ, on n’accepte pas ce postulat.

Ces champs d’expériences sont constitués de plusieurs existences au cours desquelles, grâce au lent développement de l’être, va se former une conscience qui, peu à peu, et sous la pression des événements, va finir par sentir qu’un lien la relie depuis toujours, à quelque chose d’immuable : son moi réel, c’est-à-dire, son âme véritable qui comporte, en elle, une parcelle divine.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces multiples existences ne sont pas ce que l’on nomme des réincarnations, car elles s’opèrent sans que la volonté de l’homme ait à intervenir. Les réincarnations, au contraire, sont propres aux hommes ayant atteint le stade d’individualité, c’est-à-dire, ayant réussi la fusion entre leur personnalité enfin équilibrée et le moi réel, prouvant ainsi avoir saisi le sens même de leur existence. A ce stade, l’âme, qui comporte comme nous le rappelons encore, une étincelle divine extrêmement active, peut choisir de sa propre volonté, de se réincarner, afin d’accomplir une mission particulière dont la nature sera obligatoirement de rétablir certains déséquilibres qui affectent la stabilité de la vie organique et spirituelle sur Terre, de tels désordres pouvant affecter celle du cosmos tout entier. Dans cette configuration, après que la mission ait été accomplie, l’arrivée de la mort n’est plus une épreuve redoutable, mais une expérience désirée à laquelle se soumettent avec joie ceux qui ont atteint ce seuil de développement.

L’âme humaine et sa partie divine ne résident pas dans le temps et dans l’espace

Ce qui va être plus difficile à saisir par nos lecteurs, c’est que ce moi réel et sa partie divine, dévolus à un être particulier qui poursuit ses existences dans l’espace et dans le temps, ne résident pas sur ces mêmes plans, mais dans l’éternité. Son rôle consiste à ce qu’un scenario particulier, dévolu dès le tout début, à cet être vivant sur le plan terrestre, finisse par être appliqué et vécu dans son intégralité afin que la fusion en Dieu puisse enfin, à terme, s’accomplir. Pour l’illustrer plus crûment, le moi réel, l’âme, représente le contremaître qui, sous la surveillance du Créateur, la parcelle divine, va surveiller étroitement la progression de l’être humain auquel il se trouve rattaché et dont il a la responsabilité, de façon à ce qu’au terme de multiples existences, il finisse par comprendre qu’il lui faut respecter à la lettre le script qui a été rédigé pour lui.

Des métaphysiciens ou autres ésotéristes, pourront décrire cette situation d’une manière différente, en affirmant, par exemple, que l’homme terrestre n’est qu’un symbole de son archétype situé sur le plan invisible de l’Esprit, archétype contenant en lui toutes les possibilités à développer pour ce qui concerne cet être particulier. Nombreux alors sont ceux qui oublient de préciser ce qui est le plus important, que ce plan spirituel échappe aux limitations du temps et de l’espace.

Pour l’homme extérieur, tout se joue sur sa conscience du temps présent

Afin de faciliter la compréhension de ce qui va suivre, il est nécessaire de rappeler en quoi se limite, pour l’homme ordinaire ou extérieur, sa perception du temps.

Imaginons que le temps qui s’écoule soit matérialisé par une ligne droite, et que, sur cette ligne, se trouve un point qui progresse dans la direction du futur tout en restant sur cette ligne. Vous l’aurez deviné, ce point, c’est l’homme extérieur, par opposition à l’homme intérieur. Qu’a-t-il devant lui ? Une bribe du futur immédiat qui va très vite se transformer en un présent, pour très vite se transformer en un passé. Le point important à retenir, c’est la conscience qu’a cet homme extérieur de l’étendue de son présent. Cette conscience peut s’appliquer à un laps de temps plus ou moins court.

Un exemple de modification de la vitesse d’écoulement du temps

On cite, entre autres, les cas de champions de tennis, interrogés après un coup magistral, étonnés d’avoir vu arriver la balle de l’adversaire lentement et d’avoir eu tout le temps nécessaire pour ajuster la riposte. Sans en avoir conscience, mais par le simple fait de la puissance de leur concentration, ceux-là ont pu, l’espace d’un instant, changer à leur profit la vitesse du déroulement du temps, sans que ni les spectateurs, ni l’arbitre et ni l’adversaire ne s’en rendent compte. A noter que cette expérience, tout de même involontaire chez ces sportifs, peut être réalisée de façon consciente au travers d’exercices appropriés qui constituent un pan entier des enseignements de l’ésotérisme chrétien.

Mais revenons maintenant à l’âme et à sa parcelle divine. Nous avons dit que sa mission consistait à ce que soit respecté, par l’homme extérieur, ou plutôt par sa personnalité, l’intégralité des détails d’un scenario fixé dès le début, afin que puisse à terme se réaliser le retour en Dieu. Comme précisé plus haut, le respect ultime de ce scenario passe obligatoirement par plusieurs existences qui ne peuvent être qualifiées de successives, comme le sont les réincarnations d’une même individualité. Elles se déroulent, en fait, dans une dimension parallèle à l’intérieur de laquelle chaque homme, après sa mort, recommence laborieusement l’expérience de la vie, en naissant à la même date, dans le même endroit et avec les mêmes parents, à charge pour lui ensuite, sur la base des expériences déjà acquises, de mieux gérer sa nouvelle existence afin qu’elle cadre davantage avec le fameux script établi au départ.

De la maîtrise du temps aux univers parallèles


Nous avons bien conscience de la difficulté intellectuelle que peuvent représenter pour le lecteur ces existences, qui repartent des mêmes lieux, avec les mêmes personnages mais dans des dimensions différentes. Cependant, l’illustration utilisée plus haut, et par laquelle nous évoquions l’expérience vécue par des champions de tennis, aidera à s’en faire une idée plus exacte, ou tout au moins permettra d’approcher au mieux cette notion d’univers parallèle. Revenons-y ! Donc, nous avons un joueur de tennis qui voit arriver une balle lentement lui laissant le temps nécessaire pour qu’il puisse ajuster au mieux sa riposte. Il se trouve que par l’effet de sa concentration extrême, - il faut rappeler que nous avons affaire à des champions - il se trouve donc que ce joueur sera passé l’espace d’un court instant, dans un univers parallèle dans lequel se trouve également le même adversaire, avec la même balle, le même arbitre, avec le même public. La seule chose qui change étant la vitesse de déroulement du temps. La riposte étant donnée, le joueur quitte définitivement cet univers parallèle pour réintégrer celui de son existence actuelle et dans lequel se déroule le vrai match. Il est important de remarquer que s’il n’y avait pas eu passage dans une dimension parallèle, le public et l’arbitre, n’auraient pas manqué de noter l’anomalie de la basse vitesse de la balle. Or, il ne fallait pas que cela soit perçu, d’où, changement de dimension. Afin de renforcer cette argumentation, on peut aussi citer l’exemple similaire de la mère voyant son enfant passer sous la roue d’un véhicule, se précipiter, et arriver à soulever celui-ci le temps nécessaire pour que son enfant soit sauvé. D’autres exemples peuvent être cités et que l’on trouve principalement dans la pratique des arts martiaux, comme celle du tir à l’arc. Comme le lecteur peut le constater, il s’agit bien, dans ces exemples, de deux plans parallèles contenant les mêmes acteurs dans un même lieu. C’est donc un processus identique qui suit le passage de la mort, - (pour une certaine catégorie d’humains seulement, nous verront cela plus tard) – à ceci près qu’il ne s’agit plus d’une expérience de quelques secondes, mais d’une vie entière. Nous espérons avoir pu, par ce développement, permettre au lecteur d’approcher ces notions plutôt abstraites et inhabituelles.

De la Maîtrise du temps à la perception de l’avenir

Revenons maintenant à notre ligne du temps, chevauchée par l’homme qui n’a qu’une vue très réduite de son avenir immédiat. Supposons, afin de poursuivre dans le registre de cette illustration, que l’homme ait la possibilité de se détacher de cette ligne du temps qu’il chevauche, pour se positionner juste au-dessus, à une certaine distance de celle-ci, le regard toujours tourné vers l’avenir. Si une telle chose lui était possible, son champ de vision engloberait une distance plus grande dans la profondeur de l’avenir et il lui serait alors possible de prendre conscience de ce que celui-ci lui réserve.

Si de telles dispositions peuvent effectivement être obtenues grâce à un entrainement particulier reposant sur des principes contenus dans l’ésotérisme chrétien, les mêmes dispositions, cependant plus diluées, peuvent apparaître naturellement sous l’effet d’un rapprochement entre le moi de la personnalité et l’âme qui a le privilège d’observer l’intégralité de l’existence dont elle a la charge, de la naissance à la mort.

Des capacités humaines toujours farouchement niées et cachées, mais qui peuvent changer le cours de l’histoire

Or il se trouve que le groupe humain n° 2, déjà décrit dans l’article Introduction à l’étude de la Science sacrée (2), pour une Métaphysique du Saint-Esprit, et dont le centre de gravité psychique se trouve localisé dans le centre émotif inférieur, présente tous les critères permettant des rapprochements de cette nature, ce qui induit, pour lui, une conscience plus nette des valeurs immuables sur lesquelles repose toute existence humaine, ainsi qu’une certaine prémonition des évènements futurs, résultant, justement, de la transgression de ces mêmes valeurs. Il en résulte un comportement social différent de celui de la multitude, généralement incompris, et même vigoureusement combattu. Nous reviendrons, dans un prochain article, sur les nombreux aspects de ce phénomène anthropologique et ontologique, résultant simplement d’un éveil précoce à une conscience plus large et à une spiritualité affirmée, bien que souvent non perçue. Comme le lecteur peut d’ores et déjà s’en douter, les implications sociopolitiques de cet aspect de la nature humaine, toujours farouchement caché et nié, peuvent être de nature à changer le cours de l’histoire et confirment, s’il en était encore besoin, que certains de nos compatriotes ont tort d’avoir raison trop tôt. Nous y reviendrons bientôt.